Galère d'immigrant français au Québec

La vie n'est pas toujours simple. C'est ce que je me dis aujourd'hui. J'ai un peu du mal à déterminer mon état d'esprit ces temps-ci. Mais peut-être qu'avant de parler de ça je devrais vous expliquer un peu qui je suis.

Je suis Toto. J'ai dans le milieu de la vingtaine et j'habite à Montréal au Québec. Ça fait bientôt un an que je suis ici. Mais à la base je suis Français. La dernière ville où j'ai vécu c'est Nice. J'ai suivi mon conjoint ici avec un permis de travail ouvert. Lui a repris les études dans une grande école de commerce Montréalaise. 


Je suis infirmier diplômé d'Etat. Ça veut dire que j'aime m'occuper des gens vulnérables, pour leur apporter des soins de qualités et un peu de joie. Parler de caca à table ne me dégoûte donc pas pour un sou.

Ici au Québec, la reconnaissance du diplôme français est théoriquement simple. Je dis théoriquement parce qu'en fait ce n'est plus aussi simple que ça l'a été. La pénurie locale d'infirmier est terminée, et les infirmiers français ne sont plus les bienvenues (je ne dis pas qu'on ne nous aime pas, loin de là, mais en toute logique, les employeurs ont plutôt intérêt à prendre un Québécois plutôt qu'à payer des frais et un stage d'adaptation à un étranger.)

Vu le visa que j'ai et sa durée limitée, difficile de convaincre un employeur. Tellement difficile que je n'ai jamais pu travailler comme infirmier ici. Et si quand je suis parti de France, j'en avais assez des conditions de travail difficiles et du manque de moyen, en vérité, ce travail me manque.

Dans les mois qui viennent, je vais sûrement rentrer en France pour quelques temps. Je suis content de retourner sur un terrain connu. Mais j'avoue n'avoir pas envie d'y rester trop longtemps. Je ne hais pas la France, mais je ne veux pas vraiment m'y limiter pour le moment. Je la rejoindrais probablement un jour pour de bon. 

Il faut avouer que ce qui me manque vraiment ce n'est pas la France ou mon emploi, c'est mon utilité. Ici je ne peux pas travailler, je ne gagne pas d'argent, c'est mon copain qui paye les factures. Et ça, c'est vraiment, mais alors vraiment pas mon truc. J'ai hâte de retrouver une forme d'indépendance financière, ne serait-ce que pour quelques mois.

Je n'ai pas vraiment envie de quitter le Québec, car j'aime tout ici: Montréal, mes amis du Québec et d'ailleurs, la qualité de vie, la tolérance des habitants... Mais ne pas avoir d'emploi est parfois vraiment difficile à supporter. J'ai envie de remettre la main à la pâte et d'être moi-même, par moi-même. 

Plus que quelques semaines à tenir.

"Que le temps me semble long. Demain est si loin."

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